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Intégration du risque de pandémie dans les futurs appels d'offres

Démarré par shorty, Juin 12, 2020, 02:18:29 PM

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0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

shorty

J'ai déjà évoqué le sujet dans un autre post, mais je pense que le sujet mérite bien une réflexion partagée.

A la lecture de la circulaire du Premier ministre du 9 juin sur la prise en charges des surcoûts liés à l'épidémie de covid 19....

le D) évoque cette intégration du risque pandémique pour une égalité de traitement des candidats.

Comment pensez vous faire ?

Certains ont évoqué une clause de réexamen de prix mais comment la formuler ?
Tous les plus grands génies sont un peu obsédés,
regardez Thomas Edison, sinon comment vous expliquez que les ampoules ont la forme de seins !

hpchavaz

Pour rappel:
"D Intégration du risque de pandémie dans les futurs appels d'offres
La prise en compte de l'effet d'une éventuelle recrudescence de la pandémie ou d'une nouvelle pandémie dans les appels d'offres est une nécessité, dans le double but de garantir l'égalité de traitement des candidats et la juste rémunération du titulaire garantissant la sécurité des intervenants. Vous y attacherez une importance particulière dans l'organisation des futurs appels d'offres. "
Disclaimer : Mes contributions ne sont pas des avis juridiques ; elles ne sont que l'avis d'un praticien.

anneclaudie

bonjour,

vous avez rédigé un article dans vos ccap dont la consultation part en publicité ?

Mathieu

peut-être simplement avec une révision de prix plus fréquente ? ou l'emploi d'un supercalculateur de la NASA

ma clause sera probablement "on verra"  :D

hpchavaz

Citation de: anneclaudie le Juin 12, 2020, 03:06:36 PM
vous avez rédigé un article dans vos ccap dont la consultation part en publicité ?

Pour les travaux essentiellement :

Rappel dans le RC du fait que les offres sont "y compris COVID" et clause de réexamen au CCAP essentiellement pour pouvoir adapter dans les cas où l'incidence COVID diminuerait/disparaitrait.

Réflexion "en cours" sur l'isolation des coûts COVID, voir éventuellement un échange sur le même sujet dans Re : Accord-cadre et prix "COVID". La question n'est pas trop celle de couper court à la remontée d'une responsabilité vers le MOA (ce qui est assez simple) mais plutôt de savoir ce qui devrait être isolé, ce qui est assez délicat pour les pertes de rendement/cadence. Sans compter le fait qu'une partie devrait prise en compte dans les indices(****).

Le fait que les offres doivent être "y compris COVID" est nécessaire pour éviter de possibles distortion de la concurrence, les conséquences de la crise pouvant être, pour un même chantier, différentes en fonctions des solutions/moyens retenus par les entreprise.

Il faut sans doute distinguer :
  • les marchés portant uniquement sur des chantiers qui doivent se réaliser intégralement à bref délai(*)
    Les entreprises doivent pouvoir chiffrer.
    Le marché sera court et le montant faible, la clause de réexamen ne règle pas tout mais devrait assez satisfaisante.
  • les marchés portant sur des chantiers devant débuter à court terme(**)  mais dont la durée est longue(***)
    C'est le pire des cas et les montants peuvent être conséquents. Il faut sans doute mieux l'eviter si cela est possible.
  • les marchés portant sur des chantiers qui ne devaient pas débuter à court terme
    Le plus simple est sans doute de reporter autant que faire se peut la consultation (le temps que la situation s'éclaircisse) mais un report général des débuts des travaux serait catastrophique pour les entreprises
  • les marchés post-COVID
    On verra mais clarifier le caractère prévisible ou non des pandémies mérite réflexion

*) **) ***) : à définir ...

****): Normalement cela devrait être le cas même si du fait d'un renforcement de la concurrence interentreprises du fait de la raréfaction de la demande les indices baissent. Toutefois si une bonne partie des marchés sont incluent des dispositions renvoyant la question à l'exécution, il risque d'y avoir un "effet  retard" dans al prise en compte par les indices.
Disclaimer : Mes contributions ne sont pas des avis juridiques ; elles ne sont que l'avis d'un praticien.

shorty

J'ai du mal à formuler une clause de réexamen en ce sens, si vous avez des idées ?
Tous les plus grands génies sont un peu obsédés,
regardez Thomas Edison, sinon comment vous expliquez que les ampoules ont la forme de seins !

hpchavaz

Pour la clause il faut partir du fait que les entreprises doivent à présent nécessairement inclure les coûts liés à la COVID.
Après on peut sans doute faire court du genre : les parties se rapprocheront pour tirer les conséquences notamment financières des évolutions de la COVID ... (caper au montant annoncé ou indiquer ... afin qu'in fine le PA ne supporte pas le coût de mesures qui n'auront pas été mises en oeuvre).
Disclaimer : Mes contributions ne sont pas des avis juridiques ; elles ne sont que l'avis d'un praticien.

Albator

Pas de clause de réexamen non plus chez nous.
Approche au cas par cas pour le moment.
Apices juris non sunt jura.
"J'entends et j'oublie, je vois et je me souviens, je fais et je comprends" (Confucius).

hpchavaz

Citation de: Albator le Juin 12, 2020, 04:13:53 PM
Pas de clause de réexamen non plus chez nous.
Approche au cas par cas pour le moment.
Autant l'approche cas par cas est nécessaire pour les marchés en cours, autant je ne vois pas trop ce que le cas par cas va régler pour les marchés dont les offres couvrent les coûts COVID.

Quant à indiquer explicitement que les offres sont "hors COVID" cela ne me semble pas/plus possible.
Disclaimer : Mes contributions ne sont pas des avis juridiques ; elles ne sont que l'avis d'un praticien.

shorty

Citation de: hpchavaz le Juin 12, 2020, 04:11:18 PM
Pour la clause il faut partir du fait que les entreprises doivent à présent nécessairement inclure les coûts liés à la COVID.
Après on peut sans doute faire court du genre : les parties se rapprocheront pour tirer les conséquences notamment financières des évolutions de la COVID ... (caper au montant annoncé ou indiquer ... afin qu'in fine le PA ne supporte pas le coût de mesures qui n'auront pas été mises en oeuvre).


Comment tu envisages de caper ?
Tu penses vraiment que l'entreprise va revenir vers toi pour une moins value, d'autant plus sur un montant forfaitaire ?

Est ce que vous envisagez pour les futurs marchés ?
Tous les plus grands génies sont un peu obsédés,
regardez Thomas Edison, sinon comment vous expliquez que les ampoules ont la forme de seins !

cmpcchoette


c'est tout frais ...
mon ccap comprend 1 clause d'exécution et une clause de réexamen

3.5- Conditions sanitaires

Le titulaire applique pendant toute la durée du présent marché les prescriptions sanitaires réglementaires ou législatives en vigueur et visant à lutter contre des épidémies, telle que le covid ou autres. Il se conforme strictement en outre aux instructions données par la Mairie.

12 - clause de réexamen

En  application de l'article R 2194-1 du code de la commande publique, les parties conviennent qu'en cas de crise sanitaire pendant l'exécution du présent marché, ou de réactivation du COVID 19, une modification de marché prendra en compte les adaptations nécessaire de ce dernier.   

c'est un premier jet

hpchavaz

Citation de: shorty le Juin 15, 2020, 12:24:19 PM
Comment tu envisages de caper ?
Comme indiqué : les entreprises doivent à présent nécessairement inclure les coûts liés à la COVID. donc de fait capé au montant de l'offre.
Si chiffrage individualisé : montant dans cette limite

Citation de: shorty le Juin 15, 2020, 12:24:19 PM
Tu penses vraiment que l'entreprise va revenir vers toi pour une moins value, d'autant plus sur un montant forfaitaire ?
Oui bien sûr

Citation de: shorty le Juin 15, 2020, 12:24:19 PM
Est ce que vous envisagez pour les futurs marchés ?
Sur les futurs marchés
Sur les marchés en cours : cas par cas
Disclaimer : Mes contributions ne sont pas des avis juridiques ; elles ne sont que l'avis d'un praticien.

Sven

Bonjour à toutes et à tous,

cmpcchoette, c'est déjà une excellente base de réflexion.  ;)

Quelques années auparavant, dans un précédent emploi, dans un établissement d'enseignement supérieur "X", dans le CCAP, il y avait une clause relativement légère.
Je vous la présente, ci-dessous. Elle concernait le marché de gardiennage.

À l'époque, ce n'était pas le COVID-19 mais la grippe H1-N1 et les tempêtes qui engendraient des inquiétudes. Le siège de X est classé monument historique.

En la relisant, je constate que des situations de quasi-émeutes tels que les débordements consécutifs à des manifestations n'avaient, a priori, pas été prévus.
Idem pour l'état d'urgence post-attentats, etc...

Par ailleurs, cette clause était plus axée sur "l'opérationnel" que sur le plan financer or les deux sont liés.  :-\
Typiquement, tous les équipements de protection vont entraîner un surcoût que le titulaire est censé répercuter sur ses factures.

9.2.2 "Hygiène et sécurité"
(...)
d)   Pandémie ou situation de crise :

Le titulaire doit pouvoir être capable de maintenir sa prestation en cas de pandémie (ex : grippe H1N1) ou situation de crise (ex : situation météorologique extrême).
Dans le cadre d'une pandémie, le port des masques et gants adaptés sera obligatoire, les masques et gants seront renouvelés selon le type et la durée de validité affichée.
Ils seront à la charge du titulaire.
Un plan de continuité devra être établi et transmis au Chef du service intérieur (S.I) et/ou son adjoint par tous moyens permettant de déterminer de façon certaine sa date de réception.
Il devra être expressément approuvé par le Chef du S.I et/ou son adjoint par tous moyens permettant de déterminer de façon certaine sa date de réception.
A l'issue de 5 jours ouvrés après la transmission du plan de continuité établi par le titulaire, en l'absence de réponse de la part du Chef du S.I et/ou de son adjoint, le plan de continuité est réputé accepté.
Le X pourra éventuellement transmettre un ou plusieurs ordres de service pour apporter des précisions sur les conditions d'exécutions des prestations durant cette période de crise.
Nulla tenaci invia est via ! (Aux persévérants, aucune route n'est interdite !)

cmpcchoette



autre mouture
Le titulaire applique pendant toute la durée du présent marché s'il y a lieu les prescriptions sanitaires réglementaires ou législatives en vigueur et visant à lutter contre des épidémies, telle que le covid ou autre évenement.
En particulier, le port de masques ou de gants adaptés seront  le cas échéant à sa charge et il s'oblige à appliquer les instructions particulières du pouvoir adjudicateur.

Sauf instructions législatives ou réglementaires spécifiques ou consignes du pouvoir adjuducateur, il s'engage à maintenir l'exécution de la prestation.

Il communiquera s'il y a lieu le plan de continuité de son activité au pouvoir adjudicateur qui se réserve le droit d'interrompre la prestation le cas échéant pendant la durée de l'épidemie ou de la crise.

Il sera fait si besoin application de la clause de réexamen prévue à l'article 18 ci-après.


hpchavaz

Quelques réflexions,

Avant de réfléchir à une clause, il me semble qu'il faut d'abord préciser les objectifs.

D'une façon générale concernant les risques, il faut tout d'abord les identifier, les « mesurer » puis les traiter ; ce traitement pouvant consister à les réduire, éventuellement les éliminer, les transférer (assurances), les accepter. Ces trois axes ne sont naturellement pas exclusifs les uns des autres, la réduction est par exemple la condition d'une assurance à un coût supportable, de même le plafonnement de l'assurance correspond à une acceptation dans les cas extrêmes,


Concernant la pandémie, trois risques (mais ils ne sont pas les seuls) sont facilement identifiables :
- le risque sanitaire (sécurité et santé des travailleurs) avec un possible impact juridique via la responsabilité du donneur d'ordres ;
- le risque pesant sur la continuité de la prestation, auquel on peut associer le risque délai ;
- le risque financier,

Pour chaque nature de prestation, voire chaque prestation, ces trois risques ont des courbes fréquence/impact différentes. De plus, à ce stade nous commençons seulement à mesurer ce qui est sans doute le plus facile, les impacts financiers.

En outre, il faut distinguer (voir mon message précédent) entre l'encours (mais ce n'est pas le sujet ici), ce qui doit être engagé et réalisé à court/moyen terme, enfin ce qui doit être réalisé ultérieurement,


Aussi, il serait illusoire de penser à une clause unique et stable.

Il conviendrait également de tirer un bilan de l'examen au cas par cas qui va être fait pour les contrats en cours.


Dans la pratique :

Concernant le risque sanitaire, on peut sans doute paraphraser le code du travail,

Mais est-ce utile ? Voire est-ce que cela n'augmente pas le risque pesant sur le donneur d'ordres ? Est-ce que cela à un sens pour certains types de prestations (sans doute travaux et prestations dans les sites de l'entreprise utilisatrice) ?


Concernant le risque continuité/délai : en fonction des activités que l'Acheteur juge essentielles (la référence étant son propre plan de continuité d'activités).

Certains contrats de prestations devront faire l'objet de mesures renforcées, mais il est sans doute illusoire de penser pour les plus stratégiques (exemple masques, médicaments, ...) de pouvoir les gérer au niveau de l'Acheteur même important car les chaînes d'approvisionnement devront être revues.

Pour d'autres prestations, il faudra sans doute mieux accepter de les voir s'arrêter/être repoussées.

Dans les tous cas, la clarification du contrat peut être utile.


Concernant le risque financier, il convient de distinguer différents aspects : risque d'asymétrie d'information quant aux surcoûts en cas de crise, risque d'« explosion » d'un contrat en cours, ...

Mais également risque de « renchérissement » du coût des prestations hors crise pour couvrir le risque. A terme, une fois passé la période qui vient lors de laquelle il est probable que la concurrence sera exacerbée, une bonne partie des coûts sera sans doute supportée par le donneur d'ordres sauf à imaginer que l'État ne vienne assurer en partie comme il vient de le faire le rôle d'assureur de dernier recours.


Pour ce qui est des clauses, on peut chercher à tout régler, mais on peut se demander s'il ne serait pas plus raisonnable, y compris pour les contrats publics, de mettre en place pour un périmètre qu'il convient peut-être de limiter précisément, un mécanisme permettant une fois le contrat encours d'avoir les moyens de le modifier plus aisément en cas de crise pour l'adapter à des configurations qui sont difficilement prévisibles.

[Ajout]Autre point : les contraintes imposées doivent éviter autant faire que peut de conduire inutilement à l'éviction d'acteurs mon structurés tels que les PME[/Ajout]
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