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1er code des marché publics

Démarré par david17, Septembre 10, 2015, 04:40:58 PM

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0 Membres et 1 Invité sur ce sujet

david17

bonjour à tous et à toutes, petites questions pour ma culture perso :

quand est paru le tout 1er code des marché public ?
et à partir de quelle année ou quel siècle fait-on mention de marchés publics ?


merci pour vos réponses ;)

lepouch

Ca remonte à la nuit des Temps, non ?

Ponta

#2
C'est pas en 2001 que le 1er est sorti ?
C'est en 1992, je crois, qu'une 1ère loi est sortie pour "assainir certaines pratiques" et lutter contre la corruption notamment.
Agoraddicted

Qui fait le malin, finit dans le ravin.
Bon, ça ne s'écrit pas avec un C.

Mathieu


chrine


speedy

#5
l'ordonnance sur les marchés publics abroge le décret-loi du 12 novembre 1938, donc on en parle déjà avant ....


Lettre d'un "ingénieur" (places-fortes, Toulon, La Rochelle, etc.) à un conseiller d'Etat du Conseil du Roy... (Il existe 2 versions 17 septembre et 17 juillet 1685, laquelle est historique ?). Elle conserve, trois siècles plus tard, toute son actualité, puisqu'elle fait la critique du " moins disant " dans le cadre des marchés publics.
LETTRE DE VAUBAN À LOUVOIS
Belle-lsle, le l7 septembre 1685
A Monsieur de Louvois en son Hôtel de Paris
Monseigneur,

« ...II y a quelques queues d'ouvrages des années dernières qui ne sont point finies qui ne finiront point si les entrepreneurs en sont crus ; et tout cela, Monseigneur, par la confusion que causent les fréquents rabais qui se font dans vos ouvrages, car il est certain que toutes ces ruptures de marchés, manquements de paroles et renouvellements d'adjudications ne servent qu'à vous attirer tous les misérables qui ne savent où donner de la tête, les fripons et les ignorants, pour entrepreneurs, et à faire fuir tous ceux qui ont de quoi et qui sont capables de conduire une entreprise. Je dis de plus qu'elles retardent et renchérissent considérablement les ouvrages qui n'en sont que plus mauvais, car ces rabais et bons marchés tant recherchés sont imaginaires, d'autant qu'il est d'un  entrepreneur qui perd comme  d'un homme qui se noie, qui se pend à tout ce qui peut ; or, se pendre à tout ce qu'on peut en matière d'entrepreneur, est ne payer les marchands chez qui il prend les matériaux, mal payer les ouvriers qu'il emploie, friponner ceux qu'il peut, n'avoir que les plus mauvais parce qu'ils se donnent à meilleur marché que les autres,  n'employer que  les plus méchants matériaux qu'il peut, tirer toujours le cul en arrière sur tout ce à quoi il est obligé, tromper sur les façons, chicaner sur toutes choses et toujours crier miséricorde contre celui-ci et celui-là,  notamment contre tous ceux qui le veulent obliger à faire son devoir.
«   II  arrive  de  plus  que,   les  entrepreneurs  tombant dans le désordre de leurs affaires avant que les ouvrages soient à moitié faits, on est obligé, pour la sûreté des deniers du Roi, de les économiser, or économiser sur ce pays et les faire faire ajournées est la même chose, car il ne s'y trouve point de sous-entrepreneurs assez hardis pour travailler à la toise, cependant c'est la pire de toutes les manières de travailler,  supposé  même que tout s'y fit avec toute la fidélité et l'attachement possibles ; car qui nous prouvera que l'habileté de ceux qui font ces sortes d'économies soit plus grande que celle des entrepreneurs ? Où l'ont-ils appris et quelle expérience ont-ils ? Je dis plus : qui nous assurera qu'ils se porteront avec autant de soin, eux qui n'en craignent pas la perte ni n'en espèrent de profit ? II faut du moins avouer que les motifs qui font le sujet de leur application sont bien au-dessous de ceux des entrepreneurs qui sont toujours puissamment excités par l'espoir du gain et par la crainte de la perte.
« Rien n'est plus contraire à la bonne foi que les rabais reçus six mois après une adjudication faite dans toutes les formes, c'est-à-dire après cautions reçues et les ouvrages commencés ; rien ne les décrédite plus que ces façons d'agir directement opposées à la justice et à l'équité ; rien ne les retarde tant que ces renouvellements pernicieux par des discussions que les entrepreneurs qui entrent ont avec ceux qui sortent, qui remplissent tant de chicanes et de contentions sur le fait des toisés, des outils et des matériaux ; et rien n'est moins sûr, la plupart du temps, que les cautions que ces gens donnent, vu que, par la perquisition qu'on fait de leur bien, ils trouvent moyen d'en faire paraître son recours contre eux. En un mot, tous les rabais reçus sur les ouvrages de Brest et de Belle-lsle n'en ont fait baisser le prix qu'en apparence ; car, en effet, ils les ont si bien renchéris que la forme de Brest coûtera dix mille écus de plus qu'elle ne devrait avoir coûté ; la toise cube de revêtement de la ville, beaucoup plus que son marché ne porte aussi bien que celui des batteries de Léon et de Cornouaille ; quant à ceux de Belle-lsle, il ne faut que voir l'apostille autorisée de leurs entrepreneurs pour être convaincu de cette vérité. C'est encore un très mauvais ménage que de traiter des ouvrages à l'année, parce que tout entrepreneur qui fait de tels marchés, doit compter, s'il a le sens commun, de regagner tout son équipage et ses peines sur la même année, au lieu que, s'il traitait pour tout un ouvrage qui dût durer deux ou trois ans, il ferait son compte sur sa durée et, de cette façon, il arriverait que tels ouvrages qui coûtent 30 livres n'en  coûteraient pas 27.        
« En voilà assez, Monseigneur, pour vous faire voir l'imperfection de cette conduite ; quittez-la donc, et au nom de Dieu rétablissez la bonne foi ; donnez le prix des ouvrages et ne plaignez pas un honnête salaire à l'entrepreneur qui s'acquittera de son devoir ; ce sera toujours le meilleur marché que vous puissiez trouver. Ne faites plus les marchés à l'année mais pour tels et tels ouvrages ; et en un mot soyez fidèle dans l'exécution de votre part comme vous prétendez que l'entrepreneur le soit dans la sienne. Mais surtout n'acceptez point d'entrepreneur qui ne soit solvable et intelligent ; c'est l'unique moyen d'être bien servi. En user autrement, vous ne verrez jamais la fin des ouvrages qui vous coûteront le tiers ou le quart plus qu'ils ne vaudront, vous donneront mille chagrins à tous et à ceux qui s'en mêleront ; et vous et eux n'en serez pas moins la dupe. »

Quant à moi, Monseigneur, je reste assurément de tout cœur votre très humble et très obéissant serviteur.
                                 VAUBAN

Réponse de Louvois à Vauban, le 6 août 1685 :

"Ecartez sans faiblesse les méchants entrepreneurs, il en est assez de bons pour construire nos bastions, nos quartiers, nos manufactures et nos bâtiments : n'ayez rapports qu'avec de gens de foi et d'honneur et parmi ceux-ci cherchez le bon marché. "
Lettre de Vauban à Louvois 17 septembre 1685
« Il n'est à peu près rien au monde qui ne puisse se fabriquer un peu plus mal, pour être revendu un peu moins cher, et ceux qui ne considèrent en toutes choses que le prix, sont les justes victimes de cette fâcheuse pratique...."
si le comptable n'a pas besoin de calculette pour calculer ta retraite .....  c'est pas bon signe  !
Parole de nouveau Papi

Shmouck

Citation de: speedy le Septembre 10, 2015, 09:09:25 PM
l'ordonnance sur les marchés publics abroge le décret-loi du 12 novembre 1938, donc on en parle déjà avant ....


Lettre d'un "ingénieur" (places-fortes, Toulon, La Rochelle, etc.) à un conseiller d'Etat du Conseil du Roy... (Il existe 2 versions 17 septembre et 17 juillet 1685, laquelle est historique ?). Elle conserve, trois siècles plus tard, toute son actualité, puisqu'elle fait la critique du " moins disant " dans le cadre des marchés publics.
LETTRE DE VAUBAN À LOUVOIS
Belle-lsle, le l7 septembre 1685
A Monsieur de Louvois en son Hôtel de Paris
Monseigneur,

« ...II y a quelques queues d'ouvrages des années dernières qui ne sont point finies qui ne finiront point si les entrepreneurs en sont crus ; et tout cela, Monseigneur, par la confusion que causent les fréquents rabais qui se font dans vos ouvrages, car il est certain que toutes ces ruptures de marchés, manquements de paroles et renouvellements d'adjudications ne servent qu'à vous attirer tous les misérables qui ne savent où donner de la tête, les fripons et les ignorants, pour entrepreneurs, et à faire fuir tous ceux qui ont de quoi et qui sont capables de conduire une entreprise. Je dis de plus qu'elles retardent et renchérissent considérablement les ouvrages qui n'en sont que plus mauvais, car ces rabais et bons marchés tant recherchés sont imaginaires, d'autant qu'il est d'un  entrepreneur qui perd comme  d'un homme qui se noie, qui se pend à tout ce qui peut ; or, se pendre à tout ce qu'on peut en matière d'entrepreneur, est ne payer les marchands chez qui il prend les matériaux, mal payer les ouvriers qu'il emploie, friponner ceux qu'il peut, n'avoir que les plus mauvais parce qu'ils se donnent à meilleur marché que les autres,  n'employer que  les plus méchants matériaux qu'il peut, tirer toujours le cul en arrière sur tout ce à quoi il est obligé, tromper sur les façons, chicaner sur toutes choses et toujours crier miséricorde contre celui-ci et celui-là,  notamment contre tous ceux qui le veulent obliger à faire son devoir.
«   II  arrive  de  plus  que,   les  entrepreneurs  tombant dans le désordre de leurs affaires avant que les ouvrages soient à moitié faits, on est obligé, pour la sûreté des deniers du Roi, de les économiser, or économiser sur ce pays et les faire faire ajournées est la même chose, car il ne s'y trouve point de sous-entrepreneurs assez hardis pour travailler à la toise, cependant c'est la pire de toutes les manières de travailler,  supposé  même que tout s'y fit avec toute la fidélité et l'attachement possibles ; car qui nous prouvera que l'habileté de ceux qui font ces sortes d'économies soit plus grande que celle des entrepreneurs ? Où l'ont-ils appris et quelle expérience ont-ils ? Je dis plus : qui nous assurera qu'ils se porteront avec autant de soin, eux qui n'en craignent pas la perte ni n'en espèrent de profit ? II faut du moins avouer que les motifs qui font le sujet de leur application sont bien au-dessous de ceux des entrepreneurs qui sont toujours puissamment excités par l'espoir du gain et par la crainte de la perte.
« Rien n'est plus contraire à la bonne foi que les rabais reçus six mois après une adjudication faite dans toutes les formes, c'est-à-dire après cautions reçues et les ouvrages commencés ; rien ne les décrédite plus que ces façons d'agir directement opposées à la justice et à l'équité ; rien ne les retarde tant que ces renouvellements pernicieux par des discussions que les entrepreneurs qui entrent ont avec ceux qui sortent, qui remplissent tant de chicanes et de contentions sur le fait des toisés, des outils et des matériaux ; et rien n'est moins sûr, la plupart du temps, que les cautions que ces gens donnent, vu que, par la perquisition qu'on fait de leur bien, ils trouvent moyen d'en faire paraître son recours contre eux. En un mot, tous les rabais reçus sur les ouvrages de Brest et de Belle-lsle n'en ont fait baisser le prix qu'en apparence ; car, en effet, ils les ont si bien renchéris que la forme de Brest coûtera dix mille écus de plus qu'elle ne devrait avoir coûté ; la toise cube de revêtement de la ville, beaucoup plus que son marché ne porte aussi bien que celui des batteries de Léon et de Cornouaille ; quant à ceux de Belle-lsle, il ne faut que voir l'apostille autorisée de leurs entrepreneurs pour être convaincu de cette vérité. C'est encore un très mauvais ménage que de traiter des ouvrages à l'année, parce que tout entrepreneur qui fait de tels marchés, doit compter, s'il a le sens commun, de regagner tout son équipage et ses peines sur la même année, au lieu que, s'il traitait pour tout un ouvrage qui dût durer deux ou trois ans, il ferait son compte sur sa durée et, de cette façon, il arriverait que tels ouvrages qui coûtent 30 livres n'en  coûteraient pas 27.        
« En voilà assez, Monseigneur, pour vous faire voir l'imperfection de cette conduite ; quittez-la donc, et au nom de Dieu rétablissez la bonne foi ; donnez le prix des ouvrages et ne plaignez pas un honnête salaire à l'entrepreneur qui s'acquittera de son devoir ; ce sera toujours le meilleur marché que vous puissiez trouver. Ne faites plus les marchés à l'année mais pour tels et tels ouvrages ; et en un mot soyez fidèle dans l'exécution de votre part comme vous prétendez que l'entrepreneur le soit dans la sienne. Mais surtout n'acceptez point d'entrepreneur qui ne soit solvable et intelligent ; c'est l'unique moyen d'être bien servi. En user autrement, vous ne verrez jamais la fin des ouvrages qui vous coûteront le tiers ou le quart plus qu'ils ne vaudront, vous donneront mille chagrins à tous et à ceux qui s'en mêleront ; et vous et eux n'en serez pas moins la dupe. »

Quant à moi, Monseigneur, je reste assurément de tout cœur votre très humble et très obéissant serviteur.
                                 VAUBAN

Réponse de Louvois à Vauban, le 6 août 1685 :

"Ecartez sans faiblesse les méchants entrepreneurs, il en est assez de bons pour construire nos bastions, nos quartiers, nos manufactures et nos bâtiments : n'ayez rapports qu'avec de gens de foi et d'honneur et parmi ceux-ci cherchez le bon marché. "
Lettre de Vauban à Louvois 17 septembre 1685
« Il n'est à peu près rien au monde qui ne puisse se fabriquer un peu plus mal, pour être revendu un peu moins cher, et ceux qui ne considèrent en toutes choses que le prix, sont les justes victimes de cette fâcheuse pratique...."


C'est juste génial..
This town ain't big enough for the both of us

Coccy



Merci Speedy pour cette leçon d'histoire  ;)
TRES TRES bientôt la QUILLE !! :)

mighty

tu en as d'autres ? Ce serait bien de compiler ça  ;D

TpF

Merci Speedy

Quelle gifle !!
1685 - 2015  == >>    plus de 300 ans après, même problèmes, et toujours pas de véritable solution
M. Oe. T.P. mais je me soigne ;-)

Michel

Citation de: TpF le Septembre 11, 2015, 12:57:19 PM
Merci Speedy

Quelle gifle !!
1685 - 2015  == >>    plus de 300 ans après, même problèmes, et toujours pas de véritable solution
:D    :D   +1
EN RETRAITE ;D depuis le 01/01/2021 et donc en recherche d'un successeur pour la partie technique informatique du forum. ;)
ATT !   DISPARITION du FORUM si personne pour s'y intéresser ! ;-)

fanchic

#11
Ya un arrêt du Conseil du Roi du 4 juin 1668 sur les adjudications des travaux de l'Etat

En 1826, une affaire importante celle dites des marchés de la guerre d'Espagne :
"Les fournitures, particulièrement coûteuses et inefficaces, ont été achetées par
l'administration de la guerre au fournisseur Ouvrard. Celui-ci est jugé puis
emprisonné. Le ministre de la Guerre, qui n'a commis aucun acte pénalement
répréhensible, reste en poste. Les députés libéraux demandent qu'une sanction
politique lui soit appliquée pour cet acte de mauvaise administration. Est ainsi
progressivement questionnée la légitimité des ministres à gérer librement leur
administration »

Plus tard parmi les textes fondateurs, une Ordonnance du 4/12/1836 :
Ordonnance du 4/12/1836 art 1 :
« Tous les marchés au nom de l'État seront faits avec concurrence et publicité, sauf les exceptions mentionnées en l'article suivant »

Objectif : Limiter les marchés de gré à gré où « 2 fripons contractent »
You're entering a world of pain...a world of pain

fanchic

"item tous nos officiauls jureront que ils ne partiront à vente nulle, ne à marchié que l'en face de nos rentes, de nos prévostez, baillies, de nos yaues, de nos forez, de nos monnoyes, et de nos autres devoirs, ne à chose nulle, qui à nous appartiegne, et que le profit des monnoyes, qu'ils recevront pour nous bien et loyaument, ils nous rendront, et que nosdites rentes qu'ils vendront, ou nos autres fermes et desvoirs qu'ils baudront, ils les vendront et bailleronts au mieus, et au plus loyaument et convenablement que il pourront à nostre profit"

Ordonnance de ST LOUIS 1256
You're entering a world of pain...a world of pain

Ponta

Merci pour l'Ordonnance, Fanchic.
Par contre, les tournures de phrases et certains mots ne facilitent pas la compréhension. :D

Quelqu'un aurait-il une peinture rupestre du code des marchés publics ?  ;D ;D ;D
Agoraddicted

Qui fait le malin, finit dans le ravin.
Bon, ça ne s'écrit pas avec un C.

david17

c'est clair j'ai aussi du mal à tout capter, me faudrait un traducteur pour traduire certaines expressions ou mots, mais c'est super à vous d'avoir trouvé ces petits bijoux et de ns en faire profiter.