Bonjour,
Dans le cadre de nos analyses techniques de beaucoup de nos marchés de PI, nous attribuons une note relative aux temps passés pour effectuer les missions en fonction d'une règle de maths.
Extrait d'un RAO à titre d'exemple :
Dans le cadre de la notation du sous critère 3 (pertinence et cohérence de la répartition du temps passé prévisionnel) une méthode spécifique de notation a été définie. Elle intègre une décote sur la note maximale appliquée mécaniquement en cas de :
• sur-qualité : +60 % par rapport à l'estimation MOA globale du temps passé (-1 pt sur la note globale), considérant que cela démontre une incompréhension du contenu de la mission par le candidat.
• sous-qualité pondérée : à compter d'un seuil de -20% et d'un autre de -40% par rapport à l'estimation MOA sur un élément de mission. Etant donné que les missions les plus longues sont les plus structurantes au regard des enjeux et des objectifs qui leur sont liés la valeur de la décote varie en fonction de la durée de la mission (de 0,25pt à 2pt).
Ecart par rapport à l'estimation MOA de -20% Ecart par rapport à l'estimation MOA de -40%
Missions dont la durée est entre 1 et 9 jours 0,00 point en moins - 0,25 point
Missions dont la durée est entre 10 et 34 jours - 0,25 point - 0,50 point
Missions dont la durée est entre 35 et 99 jours - 0,50 point - 1,00 point
Missions dont la durée est supérieure à 100 jours - 1,50 points - 2,00 points
Ce système repose donc sur l'estimation du nombre de jours travaillés par éléments de missions par le MOA est débouche sur un calcul mathématique plutôt objectif.
On se pose la question de l'étendre à tous les services internes. Or, certains sont favorables sous condition de pouvoir moduler cette note selon des critères flous (j'ai entendu : nous avons une intuition ; on les connaît ; sur le papier c'est bien, en vrai un peu moins...) et qui ne seraient jamais communiqués aux candidats évincés (y compris s'ils les demandaient, semble-t-il. Les opérationnels auraient peur que leur communication ne servent à fausser les futures réponses aux marchés).
Ainsi par exemple, la mission "ouverture du registre journal de la coordination (RJC) du CSPS estimée à 3 jours de travail mériterait un 10/10 dès lors que le candidat proposerait 3 jours de travail. Mais, selon ces critères flous, la note pourrait être abaissée à 8 (la note pourrait être abaissée ou augmentée, bien entendu, en fonction de la note produite par la formule). C'est comme si on décidait de ne pas donner 20/20 à celui qui présente le prix le plus bas alors que la formule de maths démontre qu'il doit avoir la note maximale.
Qu'en dites-vous au sujet de cette possibilité de moduler les notes produites par un calcul objectif ?
Pensez-vous qu'il y ait un risque à ne pas préciser dans le rapport pourquoi elles sont modulées à la baisse ou à la hausse ? Pour moi oui, mais je cherche un moyen concret ou de la jurisprudence pour conforter mon point de vue
Rq : Nous avons une méthode assez proche pour les temps passés sur la partie étude des contrat de MOE.
La méthode est elle décrite dans le RC ?
Il me semble que :
1/ Méthode au RC : il est à tout le moins délicat de moduler sauf à décrire également dans le RC comment cette modulation sera effectuée : bonne chance
2/ Pas de Méthode au RC :
Vous être libres de définir en interne une méthode en deux phases : 1/ calcul puis 2/ modulation.
a) Si le calcul est décrit dans le RAO, la modulation devrait y être motivée.
b) Une autre manière de faire serait d'utiliser la méthode (mais sans la faire apparaître où que ce soit) pour avoir une cohérence de notations qui seraient in fine justifiées ensuite par une évaluation littérale : c'est pour le moins scabreux.
Dans tous les cas je ne vois pas comment pourrait être pris en compte l'un des motifs de modulation listés : intuition ; connaissance de l'OE etc.
Par ailleurs, y compris en ce qui concerne l'application de votre méthode aux contrats de MOE, il me semble que vous n'êtes pas très clair sur le critère (sous critère en fait) :
S'agit il d'un critère portant sur l'allocation des ressources nécessaire à l'exécution de la mission ?
Mais dans ce cas l'incompréhension de la mission (seuil supérieur) ne relève pas de ce critère.
En dehors de cette remarque (de forme mais qui pourrait être un motif en cas de contentieux : à voir), sur le fond, d'une façon générale il faut (autant que faire se peut) éviter les couplage entre critères, à moins que l'on y ait particulièrement réfléchi sachant que cela nécessite sans doute des précautions (pour éviter que cela soit perçu comme une mauvaise définition des critères ou comme viciant la pondération) dans la rédaction des analyses : bref à proscrire dans les cas courants.
globalement idem, pas convaincu d'une méthode mathématique
elle ne tient pas compte des autres outils dont l'informatique ....et de plus la notation/pénalisation est discontinue à moins d'avoir mal compris .
enfin dès que j'entends "critère flou" je vois rouge car le juge retoquera toute méthode qui revient en fait à la discrétion du MOA donc "à la tête du client"
....
Citation de: hpchavaz le Juillet 01, 2022, 03:33:50 PM
Rq : Nous avons une méthode assez proche pour les temps passés sur la partie étude des contrat de MOE.
La méthode est elle décrite dans le RC ? Non
Il me semble que :
1/ Méthode au RC : il est à tout le moins délicat de moduler sauf à décrire également dans le RC comment cette modulation sera effectuée : bonne chance
2/ Pas de Méthode au RC :
Vous être libres de définir en interne une méthode en deux phases : 1/ calcul puis 2/ modulation.
a) Si le calcul est décrit dans le RAO, la modulation devrait y être motivée. Je suis d'accord mais ce n'est pas ce que voudraient les services
b) Une autre manière de faire serait d'utiliser la méthode (mais sans la faire apparaître où que ce soit) pour avoir une cohérence de notations qui seraient in fine justifiées ensuite par une évaluation littérale : c'est pour le moins scabreux. Ce serait leur but : donner au service marché le tableau des notes et les arguments qui justifieraient la modulation, et en dire peu dans les RAO
Dans tous les cas je ne vois pas comment pourrait être pris en compte l'un des motifs de modulation listés : intuition ; connaissance de l'OE etc. C'est vrai, il faudrait des crières objectifs
Par ailleurs, y compris en ce qui concerne l'application de votre méthode aux contrats de MOE, il me semble que vous n'êtes pas très clair sur le critère (sous critère en fait) :
S'agit il d'un critère portant sur l'allocation des ressources nécessaire à l'exécution de la mission ? C'est le temps que le candidat passe à réaliser les différents éléments de mission, sans prise en considération des moyens qu'il met
Mais dans ce cas l'incompréhension de la mission (seuil supérieur) ne relève pas de ce critère. En effet, s'il n'y a qu'un salarié qui travaille chez un candidat, et 3 salariés chez un autre, cela fausse la donne... A ce jour, cela n'est pas pris en considération dans l'analyse
En dehors de cette remarque (de forme mais qui pourrait être un motif en cas de contentieux : à voir), sur le fond, d'une façon générale il faut (autant que faire se peut) éviter les couplage entre critères, à moins que l'on y ait particulièrement réfléchi sachant que cela nécessite sans doute des précautions (pour éviter que cela soit perçu comme une mauvaise définition des critères ou comme viciant la pondération) dans la rédaction des analyses : bref à proscrire dans les cas courants.
Citation de: speedy le Juillet 01, 2022, 04:50:36 PM
globalement idem, pas convaincu d'une méthode mathématique
elle ne tient pas compte des autres outils dont l'informatique ....et de plus la notation/pénalisation est discontinue à moins d'avoir mal compris .
enfin dès que j'entends "critère flou" je vois rouge car le juge retoquera toute méthode qui revient en fait à la discrétion du MOA donc "à la tête du client"...
C'est sûr, et si on ne présente pas les critères flous dans le RAO, il y aura un motif de recours pour manque de transparence
Merci pour vos réactions :)
Citation de: Piko le Juillet 04, 2022, 10:25:20 AM...
2/ Pas de Méthode au RC :
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b) Une autre manière de faire serait d'utiliser la méthode (mais sans la faire apparaître où que ce soit) pour avoir une cohérence de notations qui seraient in fine justifiées ensuite par une évaluation littérale : c'est pour le moins scabreux. Ce serait leur but : donner au service marché le tableau des notes et les arguments qui justifieraient la modulation, et en dire peu dans les RAO
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Certes, mais :
1/ Il faut retrouver dans le RAO ce qui sera communiqué au candidat quand celui ci demandera quels sont les avantages de l'offre retenue par rapport à la sienne. Ce ne peut être simplement que sa note est moins bonne que celle de l'entreprise retenue. Il y a nécessairement une analyse parallèle à faire entre les analyses de son offre est de celle qui est retenue. Même si le niveau d'exigence du juge n'est au demeurant actuellement pas si élevé, la cohérence de cette analyse parallèle risque d'être délicate à assurer.
2/ D'une façon générale, il ne me semble pas être du rôle du service marchés de rédiger l'analyse figurant au RAO, mais il peut en aller autrement en fonction des organisations notamment quand le service marchés à également une fonction achats. De plus dans le cas présent cette rédaction n'est pas triviale et implique nécessairement les personnes ayant procédé à l'analyse.
Par ailleurs,
Citation de: Piko le Juillet 04, 2022, 10:25:20 AM...
S'agit il d'un critère portant sur l'allocation des ressources nécessaire à l'exécution de la mission ?C'est le temps que le candidat passe à réaliser les différents éléments de mission, sans prise en considération des moyens qu'il met
...
Vouloir pénaliser sur cette base les candidats présentant un délai long mais entrant dans le cadre des contraintes de la consultation me semble douteux. cela relève plus d'un critère délai portant sur des parties spécifique de la mission. D'autant plus, si l'on ne tient pas compte des moyens. Cela étant, les critères prenant en compte les moyens, au moins quand ceux-ci ne sont pas contrôlables en dehors de la cohérence avec la partie financière de l'offre, sont délicats à mettre en oeuvre.