pour info une note du ministère des solidarités et de la santé sur la méthodologie de calcul de la performance achat
Merci pour l'info.
merci max ! Comment vous l'appliquez chez vous ?
Merci !
C'est l'archétype de la vision de l'administration française lorsqu'elle s'interroge sur sa performance en occultant totalement l'évaluation de sa propre performance organisationnelle. L'approche du management y est défaillante
Ayant moi-même créé l'un des premiers services achat / contrôle de gestion en collectivité territoriale (1984-1986 eh oui, le temps passe), je connais bien le sujet, car j'étais très attaché au calcul de sa performance.
Or, j'ai beau avoir recherché dans cette étude, en aucun cas n'est évoqué le coût interne de la production de la fonction achat et de la vérification du service fait et il n'est proposé aucun suivi du ratio de ce coût structurel rapporté au coût des achats. Bref, les indicateurs proposés par cette étude pourront vous dire que tout va bien même si vous consacrez 99 € de frais structurels pour produire 1 seul euro d'achat. C'est absurde !
Par ailleurs, par expérience les dérives des coûts peuvent souvent s'expliquer par des comportements différents de consommation (surconsommation voire coulage) ou par des environnements techniques différents.
Plus généralement, une approche d'audit et de contrôle de gestion peut être très utilement rattachée à une fonction achat.
Pour prendre un exemple, j'avais mis en place des ratios coûts de fonctionnement / surface du bâtiment, notamment pour la charge d'entretien. J'avais pu ainsi constater des écarts très différents du simple au double dans une même catégorie d'usage de bâtiments (comme des écoles qui pourtant ont la même typologie de fréquentation). Cela amène à des solutions correctives comme une meilleure gestion de personnel y compris en formation sur l'utilisation des produits, ou par des solutions techniques lorsqu'on comprend que ce sont les sols qui s'entretiennent mal et que l'investissement est rentable.
En milieux hospitalier ou de soins et d'accueil de personnes âgées, une composante importante de coût doit provenir des arrêts maladies notamment pour le personnel qui s'occupe de l'ambulatoire (déplacement des malades) et mériterait de mettre en place des indicateurs du rapport entre le matériel ambulatoire et la valorisation de ce risque (outre même l'aspect général de l'amélioration des conditions de travail).
Dans le domaine de la santé, cela mériterait aussi la construction d'un observatoire général et d'outils de valorisation pérennes et je regrette toujours que la Sécurité Sociale (une chance pour la France que nos dirigeants n'exploitent pas suffisamment et au coût de gestion remarquable) ne soit pas dotée d'un service de recherche et de développement en relation avec les partenaires sociaux. Nos gouvernants pourraient la doter d'une fonction de coproduction de brevet notamment sur l'ingénierie hospitalière, ce permettrait de la rentabiliser à l'international (notamment sur la thématique de l'ambulatoire dans un contexte mondialisé de vieillissement de la population où les besoins de solutions d'ingénierie seront énormes).
Bref, cette étude me paraît être une vision de comptable au petit pied et non pas une réelle vision de performance de l'achat et plus largement d'une performance des moyens dont se dote l'organisation publique hospitalière pour produire efficacement.
Dominique Fausser