Ceux qui sont abonnés à A***.info ont du consulter cette récente chronique sur la démarche entreprise par le Département de la Manche.
20% de la note globale est attribuée à la cohérence des prix unitaires pour les marchés à bons de commande de travaux.
Je quote leur RC :
"Cohérence des prix unitaires : 20 points décomposés de la manière suivante :
- 10 points pour le calcul de l'écart type de l'ensemble des écarts (Note 1)
- 10 points pour le calcul de la somme des écarts (Note 2)
Pour tous les prix du bordereau, il sera procédé au calcul de l'écart entre le prix proposé par l'entreprise et le prix moyen calculé sur l'ensemble des offres.
Un prix X fois supérieur ou X fois inférieur au prix moyen se verra attribuer un écart de X. (exemple : un prix 3 fois supérieur ou 3 fois inférieur se verra attribuer un écart de 3)
Il sera ensuite effectué le calcul de l'écart type de l'ensemble des écarts ainsi que de la somme de l'ensemble des écarts pour chacune des offres de base.
L'offre obtenant le plus petit écart type de l'ensemble des écarts se voit attribuer la note de 10/10.
Les offres suivantes se verront attribuer une note sur 10 calculée de la manière suivante :
Note 1 = (plus petit écart type de l'ensemble des écarts) / (écart type de l'ensemble des écarts de l'offre entreprise) *10
L'offre obtenant la plus petite somme des écarts se voit attribuer la note de 10/10.
Les offres suivantes se verront attribuer une note sur 10 calculée de la manière suivante :
Note 2 = (plus petite somme de l'ensemble des écarts) / (somme de l'ensemble des écarts de l'offre entreprise) *10
Qu'en pensez-vous?
Sur l'esprit général, je comprends la préoccupation : le PA peut vouloir souhaiter limiter le risque lié à la dispersion des prix et dans l'idéal souhaiter des offres homothétiques. Remarque cela suppose, prix par prix, de parfaitement déterminer le contenu du prix ; c'est faisable sauf sans doute en cas de variante.
Sur le fond, le fait de ne pas prendre en compte le volume estimé associé à chaque prix, et donc ne pas prendre en compte la valeur totale PU * Q, semble conduire à ne pas désigner l'OEPA.
Sur la forme (les formules) : il faut y réfléchir mais à première vue :
- une offre homogène (*) plus basse que l'offre type résultant des moyennes de prix unitaires semble pénalisée ce qui ne me semble pas économiquement fondé et par conséquent empêchant également la désignation de l'OEPA.
- N1 selon l'interprétation semble indépendant de l'offre ou bien s'il faut comprendre "plus petit écart type de l'ensemble des écarts" comme "plus petit écart type de l'ensemble des écarts pour l'offre" alors il suffit que seul le plus petit écart est prix en compte
- N2 semble indépendant de l'offre
Je suis preneur en MP du détail.
*) exemple 10 entreprises : 9 d'entre elles ont les mêmes prix unitaires PUE1 à E9(i), la 10 ème donne pour propose pour chaque prixunitaire PUE10(i) = 0,9 * PUE1 à E9(i).
ça serait rigolo avec une entreprise étrangère qui a des coûts radicalement différents :p
Citation de: hpchavaz le Septembre 26, 2016, 02:15:36 PM
Sur l'esprit général, je comprends la préoccupation : le PA peut vouloir souhaiter limiter le risque lié à la dispersion des prix et dans l'idéal souhaiter des offres homothétiques. Remarque cela suppose, prix par prix, de parfaitement déterminer le contenu du prix ; c'est faisable sauf sans doute en cas de variante.
Sur le fond, le fait de ne pas prendre en compte le volume estimé associé à chaque prix, et donc ne pas prendre en compte la valeur totale PU * Q, semble conduire à ne pas désigner l'OEPA.
Sur la forme (les formules) : il faut y réfléchir mais à première vue :
- une offre homogène (*) plus basse que l'offre type résultant des moyennes de prix unitaires semble pénalisée ce qui ne me semble pas économiquement fondé et par conséquent empêchant également la désignation de l'OEPA.
- N1 selon l'interprétation semble indépendant de l'offre ou bien s'il faut comprendre "plus petit écart type de l'ensemble des écarts" comme "plus petit écart type de l'ensemble des écarts pour l'offre" alors il suffit que seul le plus petit écart est prix en compte
- N2 semble indépendant de l'offre
Je suis preneur en MP du détail.
*) exemple 10 entreprises : 9 d'entre elles ont les mêmes prix unitaires PUE1 à E9(i), la 10 ème donne pour propose pour chaque prixunitaire PUE10(i) = 0,9 * PUE1 à E9(i).
je partage les critiques de HPC sur le fait de ne pas prendre en compte les quantités, ce qui enlève toute valeur aux calculs.
-Le calcul de l'écart type cité est-il bien celui de la définition mathématique, à savoir la racine carrée de la variance?
En quoi l'objectif recherché d'homogénéité des prix est il un objectif?? Chaque entreprise a des coûts liés à son matériel, au lieu de son siège social, à son niveau de mécanisation, à son encadrement, à sa politique de rémunération, à son éfficacité sur un chantier, à son organisation... le prix global proposé selon les simulations faites par l'acheteur suffit à mettre en valeur les offres dans la recherche de l'offre économiquement la plus avantageuse..;
Je pense que ce fatras de calcul à allure mathématique n'a aucune justification réelle!
Je ne comprends pas, le plus petit écart par rapport à la moyenne des offres obtient le maximum de points? même en cas d'écart supérieur à la moyenne?
:D :D :D
mais c'est du GRAND n'importe quoi ! ?
dis autrement :
OE, consultez vous et faites surtout des accords "secrets" et ententes préalables ;D
car ceux qui seront éloignés des autres se verront écartés pour cause de divergence d'ententes communes ! :D
Nous n'attribuerons qu'à ceux ayant respectés votre "accord secret d'entente préalable" :D
Citation de: Mathieu le Septembre 26, 2016, 02:22:44 PM
ça serait rigolo avec une entreprise étrangère qui a des coûts radicalement différents :p
étrangère ou pas ; ce système l'écartera immédiatement ;D
et ce qu'elle soit moins cher ou plus cher :D
Le Département de la Manche précise la raison pour laquelle leur direction des MP a mis en place ce "critère" :
Le département est victime de "siphonnage" de ces MP à savoir sur des ACBC de travaux, la pratique selon laquelle les entreprises "casse certains prix du BPU" (fourniture et pose de certains matériaux et/ou équipements) mais ensuite font pression sur les agents pour qu'ils commandent les références dont les prix sont les plus élevés au moment de l'exécution.
En scrutant le document annexé, le département multiplie bien les Px par les quantités de chaque référence ce qui est déjà plus cohérent.
Maintenant, j'avoue rester circonspect. Un critère ne donnant pas la meilleure note à la meilleure offre me pose problème. Je ne vois aucunement la liaison avec l'objet du marché.
Il me semble que si la démarche est bonne, s'attaquer au problème par le critère n'est pas une bonne solution...
Le constat est bon. La méthode pour résoudre le problème discutable.
La généralisation particulièrement dérangeante. Car lorsqu'on examine le RC également joint, on constate que l'opération ne concerne nullement un MBC ... Mais une opération qui devrait être globalement maîtrisée.
EDIT 9/10/2016 : voir plus bas addition de lois normales indépendantes (http://agorapublix.com/forum3/index.php?topic=30858.msg316097#msg316097)
"l'objectif recherché d'homogénéité des prix est il un objectif ?"
Il me semble que oui, dans le soucis de minimiser l'aléa financier en cas d'imprévus, mais cela se discute. cela étant cela suppose de façon assez simpliste (mais est il possible d'aller au dela) que les variations de quantités ne sont pas corrélées entre elles.
Démarche générale proposée
1/ Recherche d'une offre type Otype
Pour chaque PU, on recherche un PU représentatif (PUtype ), cela peut être la moyenne mais également la mediane ou un autre percentile.
2/ Recalage des offres des entreprises
Pour chaque entreprise E : on cherche le coefficient k qui appliqué à chaque PU de son offre OE minimise la somme A (ou un autre agrégat : moyenne quadratique, ...) des écarts en valeur absolue entre les postes de sonoffre et ceux de k fois l'offre type: ie Ssur i ((PUE (i) - k * PUtype(i)) * Q) où S est la méthode d'agrégation.
Remarque : k ne sert plus par la suite mais il a permis de recaler au mieux (au sens de S) l'offre de l'entreprise à l'offre type.
3/ Notation
On note selon les valeurs de AE, formule à arrêter mais sans doute pas en min(A)/AE pour les raisons expliquées dans mon premier message.
Observation :
La nécessité de parfaitement déterminer le contenu du prix reste .
Citation de: R.J le Septembre 27, 2016, 02:17:40 PMLe constat est bon. La méthode pour résoudre le problème discutable.
La généralisation particulièrement dérangeante. Car lorsqu'on examine le RC également joint, on constate que l'opération ne concerne nullement un MBC ... Mais une opération qui devrait être globalement maîtrisée.
Tout à fait d'accord,
Je presque encore plus surpris que le département veuille mettre en place une telle méthode en raison de
'pression sur les agents pour qu'ils commandent les références dont les prix sont les plus élevés au moment de l'exécution.'.
Avec ce type de raisonnement, il faudrait ne passer que des marchés à prix global et forfaitaire.
ce qui n'empêche pas les entreprises d'essayer de sortir du cadre .... plus difficile certes
idem en ce qui concerne le marché concerné pas justifié car c'est admettre qu'on va faire différemment de ce qui est décrit au CCTP, pour un marché à BdC ou ce qui sera fait est aléatoire ça semble possible pour un critère de 10 à 20% quand le prix basé sur le DQE est à 40% .....
en tout cas la réflexion mérite d'être posée quand c'est à BdC avec une grosse incertitude sur les postes qui seront utilisés et ceci d'autant plus qu'il y aurait des possibilités de variantes techniques selon le BPU ...
Citation de: fanchic le Septembre 27, 2016, 02:00:42 PM
les entreprises "casse certains prix du BPU" (fourniture et pose de certains matériaux et/ou équipements) mais ensuite font pression sur les agents pour qu'ils commandent les références dont les prix sont les plus élevés au moment de l'exécution.
Cela sent une imparfaite définition des besoins !
le changement de référence doit systématiquement être justifié !
(en tout cas suffisamment (en 20 pages) et très largement pour décourager le ST de le faire)
Après cela dépend de la "pression" mise ! ;D une belle blonde bien sur :D au bar de l'hotel
Si X1 et X2 sont deux lois normales indépendantes N1(m1, sigma12), et N2(m2, sigma22) alors X1+X2 est la loi normale N(m1+m2, sigma12+sigma22).
C'est à la base de la démarche entreprise par le Département de la Manche , une fois que l'on comprend qu'elle porte sur les P*Q.
En admettant que les variations de Q, et donc de P*Q, suivent des lois normales indépendantes et que ce que l'on cherche est de minimiser les écarts, reste à vérifier comment cela est pris en compte.