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SOS marchés publics pour les Pouvoirs Adjudicateurs et Entités Adjudicatrices => Préparation du marché => Discussion démarrée par: ilhunpea le Juin 23, 2015, 11:45:49 AM

Titre: Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: ilhunpea le Juin 23, 2015, 11:45:49 AM
Bonjour,

Je crois avoir croisé un post sur un problème similaire mais n'arrive pas à remettre la main dessus.

Notre "Comité d'entreprise" a été internalisé au sein des services de la collectivité et fait donc partie intégrante de la structure au même titre que la direction des marchés ou autres. A ce titre, ils se soumettent désormais aux dispositions du CMP pour l'ensemble des marchés qu'ils portent. Si certains besoins ne posent pas de problèmes particuliers (achats de jouets pour l'arbre de Noël...) d'autres me posent question comme la reprise des anciens "partenariats" conclus avec divers opérateurs (genre la salle de sport du coin qui donne également accès à toutes les salles franchisées de l'enseigne).
Ces "partenariats" sont à mon sens des marchés publics qui doivent répondre aux dispositions du CMP et donc faire l'objet d'une mise en concurrence à terme. Toutefois avez-vous déjà eu à gérer des cas similaires et y aurait-il des formes de contractualisation plus souples en la matière ??? les syndicats sont très attentifs au devenir de ces prestations et je souhaiterais étudier toutes les possibilités.

Merci à vous.
Titre: Re : Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: Ponta le Juin 23, 2015, 04:32:44 PM
C'est peut-être pas légal mais personnellement, je n'associerait pas le CMP à ces partenariats.
Je vois mal une mise en concurrence pour avoir des places de ciné à tarif réduit, 5% de réduc dans la salle de sport...

Le CMP me paraît inadapté et surtout ne pas séduire vos mécènes.
Titre: Re : Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: R.J le Juin 23, 2015, 04:35:43 PM
Citation de: ilhunpea le Juin 23, 2015, 11:45:49 AM
Ces "partenariats" sont à mon sens des marchés publics qui doivent répondre aux dispositions du CMP et donc faire l'objet d'une mise en concurrence à terme. 

Est-ce qu'on trouve réellement un besoin du PA ?
Titre: Re : Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: ilhunpea le Juin 23, 2015, 06:13:17 PM
Citation de: R.J le Juin 23, 2015, 04:35:43 PM
Est-ce qu'on trouve réellement un besoin du PA ?

Il s'agit de prestations "sociales" pour les agents. En ce sens, je pense que c'est un besoin du PA.

En ce qui concerne les tarifs réduits pour le ciné, des opérateurs fournissent ce genre de prestation (et peut être même des reducs pour la salle de sport). On pense lancer une consultation sur ce sujet. Le casse tête repose essentiellement sur ces partenariats au statut un peu batards mais qui devraient perdurer ... Peut on établir une sorte de convention de gré à gré ? Mais sur quelle base textuelle ? Cela ne relève pas de l'article 3...
Titre: Re : Re : Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: R.J le Juin 23, 2015, 07:43:29 PM
Citation de: ilhunpea le Juin 23, 2015, 06:13:17 PM
Il s'agit de prestations "sociales" pour les agents. En ce sens, je pense que c'est un besoin du PA.

Éventuellement, quand bien même j'ai toujours eu du mal à considérer les prestations "sociales" au profit des agents comme un vrai besoin du PA.

Quoiqu'il en soit, combien coûte la possibilité de bénéficier des 5 % ? Normalement, rien n'est à débourser ... Ça attire juste la clientèle.
Titre: Re : Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: ilhunpea le Juin 25, 2015, 12:52:43 PM
Citation de: R.J le Juin 23, 2015, 07:43:29 PM
Éventuellement, quand bien même j'ai toujours eu du mal à considérer les prestations "sociales" au profit des agents comme un vrai besoin du PA.

ça se discute effectivement, j'avoue ne pas trop savoir quoi faire de cette nouvelle structure. Prenons pour hypothèse que cela ne concerne pas les besoins d'un PA. Comment contractualiseriez-vous (convention) et sur quel fondement ?

Citation de: R.J le Juin 23, 2015, 07:43:29 PM
Quoiqu'il en soit, combien coûte la possibilité de bénéficier des 5 % ? Normalement, rien n'est à débourser ... Ça attire juste la clientèle.

On pourrait contractualiser des prix préférentiels sur les prix publics (hypothèse de la salle de sport) : abonnement à 100€ au lieu des 200€ applicables au public.
Titre: Re : Re : Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: R.J le Juin 25, 2015, 01:51:07 PM
Citation de: ilhunpea le Juin 25, 2015, 12:52:43 PM
On pourrait contractualiser des prix préférentiels sur les prix publics (hypothèse de la salle de sport) : abonnement à 100€ au lieu des 200€ applicables au public.

Pour caractériser le besoin du PA ou non, la question est : qui paie et en vertu de quoi. Les aides à caractère sociale pouvant être attribuées à des agents sont normalement plus ou moins réglementées. Si on est dans le cadre d'un dispositif réglementé (avec généralement un plafond aux aides), on sort de la commande publique.

Mais entre un rabais de 5 %, qui est censé ne rien coûter à la collectivité en cause, s'agissant juste d'un geste commercial d'une enseigne qui cherche à développer sa clientèle, et un rabais de 50 %, qui risque d'être accordé uniquement s'il y a des contreparties, il y a une différence certaine.
Titre: Re : Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: mighty le Juillet 06, 2015, 10:53:30 AM
Je me retrouve à lancer ce marché  ;D Quelqu'un a des exemples de DCE ?
Par ailleurs, vous lancez ce marché comment ? Un Marché à bons de commande ? A prix forfaitaire annuel ?  :-\
Titre: Re : Prestations sociales liées à un ancien "CE" et CMP
Posté par: mighty le Juillet 06, 2015, 11:57:41 AM
je rebondis. Z'avez vu cette info ? VOus lanceriez un marché pour la réalisation de prestations sociales pour les salariés d'un établissement ?

Question publiée au JO le : 10/11/2009

Mme Pascale Got attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales sur les incertitudes qui existent pour savoir si l'adhésion d'une collectivité territoriale à un organisme fournissant des prestations d'action sociale constitue un marché de services soumis aux règles du code des marchés publics. Un avis du Conseil d'État du 23 octobre 2003 "Fondation Jean Moulin" précise que les prestations sociales confiées à un organisme à but non lucratif se fait hors du code des marchés publics. En revanche, dans un arrêt du 27 juin 2005 "Comité d'action culturelle et sociale de la ville de Corbeil-Essonnes", la cour administrative de Paris a précisé que l'adhésion d'une commune au CNAS présente le caractère d'un marché public de services et relève donc de la procédure du code des marchés publics. Cette position est renforcée par l'article 3 du code des marchés publics qui dispense certaines catégories de marchés limitativement énumérées, sans prévoir les prestations d'action sociale. Compte tenu de ces incertitudes juridiques et des risques de contentieux pour les collectivités locales, elle souhaite savoir précisément si ces prestations sociales relèvent des règles du code des marchés publics ou si elles en sont exonérées.

Réponse publiée au JO le : 12/07/2011

Aux termes de l'article 1er du code des marchés publics, « les marchés publics sont les contrats conclus à titre onéreux entre les pouvoirs adjudicateurs définis à l'article 2 et des opérateurs économiques publics ou privés, pour répondre à leurs besoins en matière de travaux, de fournitures ou de services ». Il ressort de cette définition que la réglementation relative aux marchés publics ne s'applique pas aux activités non marchandes, c'est-à-dire lorsque l'organisme tiers n'agit pas en tant qu'opérateur économique. Dans son avis Fondation Jean Moulin (Ass., avis, 23 octobre 2003, n° 369315), le Conseil d'État a précisé que « la qualification d'action sociale ne peut être reconnue à ces prestations que si, par leur contenu, elles présentent des caractéristiques garantissant leur vocation sociale et les distinguant des prestations à caractère purement marchand ; ce qui suppose notamment qu'elles ne se bornent pas à offrir des services disponibles et aisément accessibles, en termes de localisation et de prix, sur le marché et que leurs conditions d'octroi et de tarification les rendent accessibles à l'ensemble des agents, en particulier ceux à revenus modestes ». Pour le Conseil d'État, relèvent de l'action sociale « toutes les prestations à caractère individuel versées, au cas par cas, après examen de la situation particulière des agents et qui sont, au demeurant, d'un montant souvent modeste, ainsi que les prestations à caractère collectif tournées vers les catégories de personnel les moins favorisées, comme les séjours linguistiques, les séjours dits de découverte, les séjours réservés aux enfants handicapés, la gestion des crèches et des restaurants administratifs ou de l'arbre de Noël qui constituent les éléments les plus traditionnels de l'action sociale de l'État ». Dans l'avis précité, le Conseil d'État a considéré en l'espèce que les prestations d'action sociale servies par la fondation aux agents du ministère de l'intérieur avaient, eu égard à leur nature, un caractère non marchand et précisé qu'en conséquence, l'opérateur appelé à fournir ces prestations non économiques ne pouvait être regardé comme un opérateur économique. Dans une telle hypothèse, le Conseil d'État a estimé que les dispositions de l'article 9 de la loi du 17 juillet 1983 permettaient aux collectivités publiques « de choisir un ou plusieurs organismes pour gérer de telles prestations sans avoir à respecter les procédures de publicité et de mise en concurrence prévues par le code des marchés publics ». Le Conseil d'État a confirmé dans un arrêt du 6 avril 2007 (commune d'Aix-en-Provence, n° 284736), que les collectivités publiques peuvent ne pas passer un marché public de services « lorsque, eu égard à la nature de l'activité en cause et aux conditions particulières dans lesquelles il exerce, le tiers auquel elles s'adressent ne saurait être regardé comme un opérateur sur un marché concurrentiel ». Certaines commandes, à caractère social en particulier, peuvent ainsi être passées avec des organismes qui, compte tenu de la nature de leur activité et des conditions dans lesquelles ils agissent, peuvent être regardés, dans tel lieu et à tel moment, comme des opérateurs non concurrentiels : le contrat éventuel qui les lie alors à la collectivité n'est pas analysé comme un marché public. Toutefois, une telle dispense n'est possible que si une analyse concrète permet de conclure, compte tenu d'un contexte spécifique, que la commande ne s'adresse pas à des opérateurs concurrentiels. À défaut, les prestataires chargés de fournir de telles prestations devront être sélectionnés conformément aux dispositions prévues par le code des marchés publics.